Vergetures, kilos en trop, complexes.

Temps de lecture : 4 minutes J’ai longtemps été complexée de mes vergetures et d’autres complexes. Et j’ai appris à m’aimer.

À la base, cet article était un post instagram. Une photo d’un corps féminin, en culotte, avec des vergetures sur les fesses. Ça m’a donné envie de dire quelque chose à propos de ces vergetures, de mes complexes… Et en fait, c’était interminable. Je me suis donc dit qu’un article bodyposi pour envoyer de bonnes vibes pouvait être une bonne idée.

J’ai longtemps été complexée de mes vergetures.

Même sans jamais avoir pris de kilos de grossesse, j’ai beaucoup fait le yoyo niveau poids, et ma peau a morflé.

Anorexie, reprise de poids, rupture très difficile donc encore quelques restes de TCA, contraception, arrêt du tabac, maladie à en rester immobile plusieurs mois d’affilée… Ma courbe de poids depuis 10 ans? 39, 45, 40, 50, 70… Je passe presque du simple au double, et ce juste à cause de ma santé, qu’elle soit physique ou mentale.


Stretch marks on woman's thighs and buttocks

Ma santé ne m’a pas épargnée niveau poids, et ma peau a su me le faire remarquer. Mes cuisses ont été tigrées d’énormes fossés roses et violacés, ma poitrine aussi… Je me suis longtemps cachée. Pas de maillot de bain en été, j’évitais soigneusement d’aller à la plage ou à la piscine. Avec un mari qui n’aime pas trop aller se baigner, c’était facile de me cacher du regard des autres. Pas non plus de short trop court, ou même de jupe. Un beau décolleté plongeant? Grande folle! Hors de question, il y a quelques années, de laisser apparaître ces rayures.

Je me suis ruinée en huiles. En pommades cicatrisantes et divers massages. J’ai été abonnée à trop de magazines à la Cosmo qui vantaientt la maigreur, qui me faisaient me sentir comme une merde avec mon corps imparfait. En ventouses diverses.. et finalement, le temps a fait qu’elles sont devenues blanches, très proches de ma carnation.

On n’y peut rien. Si la peau droit craquer, elle craquera. Hydrate-toi bien, ça peut parfois éviter que la peau craque. Je ne dis pas ça pour le côté esthétique, même si j’ai pu le faire auparavant. Je dis surtout ça par confort: la peau qui craque, ça gratte. Ça démange. Et la seule solution contre ça, c’est une bonne hydratation. Parce que se gratter, c’est juste encore plus abimer sa peau qu’elle ne l’est déjà.

Les vergetures, c’est normal d’en avoir. On en a toutes. Parfois, c’est la trace d’un corps qui a donné la vie. Parfois, c’est que la peau a craqué pour une autre raison. Cela peut être tout simplement la puberté, mêlée à un patrimoine génétique qui fait que ta peau est fragile. Un manque d’hydratation. Un poids qui ne peut pas être stabilisé. Trop de raisons différentes, personnelles, et propres à chaque personne.

Aime ton corps. Le haïr et complexer ne t’apportera rien de positif. Pourquoi s’encombrer avec des sentiments négatifs? A quoi ça sert? Qu’est ce que cela apporte?

Rien.

Enfin. Quand je dis rien, je veux dire: rien de bon pour toi. Rien qui puisse faire de toi une personne plus heureuse. Et pourquoi s’encombrer de si peu? Parce que cette absence de kilos en trop, ou de rayures te rend moins belle en tant que personne?

J’ai près de 20 kilos en plus que ce que je devrais faire par rapport à mon IMC. La carte du réseau autoroutier de l’Allemagne sur la poitrine. Un motif zèbre sur l’entre-cuisses et les côtés des seins. De bonnes grosses cuisses qui se touchent alors qu’avant, je l’avais, ce putain de thigh-gap. Je suis passée d’un modeste 85b à un gros 95e qui tombe à cause du combo contraception hormonale, problèmes hormonaux personnels et prise de poids. Je fais 1m60, mais j’ai des pieds grands comme ceux de mon père et je lui pique presque ses godasses. J’ai bientôt trente ans, mais j’ai l’acné d’une gamine de 15 ans.

Si l’on s’en tient à ce que j’ai écrit sur mon physique, on peut penser, grâce aux standards de beauté, que je suis juste très laide. Je l’ai pensé, pendant un moment. Et puis j’ai réfléchi. À quoi bon? Ça sert à quoi, de se miner le moral parce qu’on pense être un laideron? Et puis même, c’est quoi un laideron? J’ai appris à m’aimer, petit à petit. Parce qu’il faut être réaliste: si je ne m’aime pas, qui m’aimera? Si j’ai zéro confiance en moi, qui pourra me faire confiance?

J’ai eu une période, pendant cette sorte de transition, durant laquelle je faisais tout pour me rendre en valeur. Pour apprendre à m’accepter telle que je suis. Épilation ultra douloureuse de tous les poils de mon corps, peau qui gratte à la repousse, peau qui pique… Et au bout d’un moment, ça m’a soulé. Balek, je suis née avec mes poils. Si je n’ai pas envie de les enlever, je les laisse. Si un jour j’ai envie de les enlever, je le ferai parce que je le souhaite moi, et pas à cause d’un complexe ou du regard de la voisine. J’étais aussi un vrai pot de peinture niveau maquillage. Je me cachais derrière toutes ces couches de primer, fond de teint, blush, highlighter… Et finalement, j’ai décidé de diminuer au quotidien. De m’accepter sans maquillage, ou alors avec un minimum. Et surtout, de me maquiller si j’en ai l’envie, et de me maquiller parce que j’adore ça, plutôt que de me maquiller pour les autres. Si j’ai envie de faire ma Valérie Damidot et de maroufler ma gueule de fond de teint, je le fais parce que j’en ai envie ce jour là. Pas forcément parce que mon acné me gène, ou pour éviter les regards et les réflexions déplacés.

Queer, Pieds, Gay, Jambes, Tongs, L'Homme, Hommes
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J’ai appris à me trouver belle, malgré ce qui, pour les standards de beauté du moment, ne l’est pas. Mon mari me trouve belle. J’ai été magnifique en mariée, l’année dernière.

Tous les corps sont beaux. Avec ou sans marques, qu’elles soient vergetures, tâches de naissance, avec ou sans kilos en plus, ou cicatrices. Nous sommes toutes de belles personnes, avec nos particularités. Ce n’est pas parce qu’on ne ressemble pas au cliché de la meuf instagrammable que l’on n’est pas une belle personne au sens physique du terme.

Donc aime toi. Avec tes marques, tes cicatrices. Tes quelques kilos qui ont décidé de planter leur tente sur ton cul. Ton visage, que tu devras porter toute ta vie. On n’a qu’un seul corps, qu’une seule carcasse pour nous porter pour encore pas mal de décennies, je l’espère. Alors puisqu’il faut faire avec, l’accepter rendrait à tout le monde la vie plus douce.

Aime toi. ❤️


Photo mise en avant : Photo by bruce mars from Pexels

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