Pulsion #1 – Se laisser aller VS Vivre

Temps de lecture : 5 minutes Diarrhée verbale au SEO très mauvais. Écriture à chaud, comme une pulsion, sur un sujet qui m’a fait comme un électrochoc.

Je viens de lire un post sur Instagram. Ça m’a fait comme un électrochoc. Et un besoin d’écrire ici comme un éternuement, ou comme un réflexe. Oui, un réflexe. Comme quand le médecin tape ton genou et qu’il réagit d’un mouvement brusque, sans que tu puisses faire quoi que ce soit pour l’en empêcher. J’ai rangé mon paquet de chips, j’ai attrapé mon ordi, merde j’ai presque plus de batterie. Entre temps, j’ai fait une story sur Instagram par rapport au post en question. Et me voilà. Peut-être que c’est une nouvelle catégorie d’articles qui est en train de voir le jour? Ou peut-être que c’est encore un truc que je vais commencer et ne jamais finir, comme ce putain de totebag que j’ai commencé à broder il y a quelques mois. Bref. Un article à chaud.

https://www.instagram.com/p/B-iaTR8B4KD/
Je n’ai même pas lu la caption. Juste ce qui est écrit sur ce post, cette question qui résonne en moi comme une évidence.

À quel moment on s’est dit qu’une femme au naturel est une femme qui se laisse aller?

Tu as compris si tu as lu l’intro. Je suis tombé sur cette phrase, au hasard sur mes story Instagram. Partagée par mon amie Madeline.

Cette question me parle énormément, surtout en ce moment.

Tu sais peut-être que depuis l’année dernière, je vis au ralenti. Je ne suis pour le moment plus en capacité de retourner travailler au bureau. Je suis toujours en rémission de mon opération, et cette rémission stagne. Je ne guéris pas et c’est au point mort. Comme figé dans le temps. Je suis donc en confinement depuis le mois d’Août.

Et qui dit slow life, dit slow tout. Et surtout, grosse rupture avec celle que j’étais jusqu’à ce que la maladie se déclare. La phrase de ce fameux post Instagram, elle m’a collé une claque parce que je suis devenue une sorte de gros contraire à celle que j’étais il y a peu de temps.

Retour dans le temps. L’ancien moi.

Je pense que j’abuse un peu quand je parle de retour dans le temps et d’ancien moi. Parce qu’au fond, je suis toujours la même. Mais en même temps, je me sens changée.

Avant de devoir restée scotchée à la maison afin de récupérer d’une opération dont je ne me remets pas, j’étais une femme très active. Je cumulais plusieurs jobs contradictoires les uns avec les autres. J’étais caissière, coiffeuse avec une clientèle haut de gamme et non francophone. Et en même temps, je suivais des études de droit. Sans parler du blog MonsieurMadameX.com, que je tenais déjà. Je ne vivais que pour travailler. Et tout ce que je faisais était en contact avec des gens. Mon cerveau carburait à fond entre un job purement alimentaire et robotisant à souhait en caisse. Clientes anglo et hispanophones qui ne veulent que des coiffeuses à domicile parce qu’elles ne voulaient pas des coiffeuses classiques qui ne parlent que français, femmes des hommes haut placés des grosses boîtes d’ici. Coiffures en défilés de mode, en défilés de Miss. Et en parallèle, j’ai ajouté à tout ça un Bac+2 de droit, à défoncer en 6 mois si je ne voulais plus être esclave de ces jobs alimentaires qui commençaient à m’épuiser physiquement et moralement.

C’était très social. Donc toujours très apprêtée, sans que ce soit too much non plus. Enfin, je suppose. Toujours maquillée à la perfection, merci les amies maquilleuses professionnelles qui m’ont tout appris, et qui ont fait du maquillage un de mes métiers. Une de mes dizaines de casquettes. Toujours sapée à la pointe de la mode. Continuellement coiffée avec des brushings, des boucles ou des chignons parfaits. En permanence juchée sur des talons vertigineux, quand je ne passais pas la journée debout à courir partout et que je pouvais espérer m’asseoir de temps en temps.

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Jusqu’au jour ou tout a basculé.

Et depuis, je ne suis plus que l’ombre de cette personne multi-tâches, qui était partout à la fois.

Aujourd’hui

Je n’ai pas à me plaindre, puisque je ne peux rien faire pour arranger ce qu’il se passe. Ce n’est pas une catastrophe non plus, c’est juste une question de temps. Et c’est bien plus long que prévu, c’est tout. Sans gravité.

J’ai depuis quelques mois une vie très sédentaire. Je mets un pyjama la journée, et un autre pour la soirée. Je reste chez moi, je ne bouge plus parce que je n’en suis pas encore capable. J’ai réussi le challenge que je m’étais imposée de réussir ce diplôme pour me libérer de mon entreprise et de ce job alimentaire. Je suis libérée de ces connasses snobs à crever et de ces clients qui râlent quand tu mets du temps à leur rendre la monnaie. J’ai réussi, j’ai commencé une nouvelle carrière pleine de responsabilités, et j’ai encore beaucoup d’ambitions, je veux continuer à monter. Mais ma progression a été mise sur pause.

J’avais besoin de cette pause, je crois.

Donc je ne me maquille presque plus. Je laisse vivre ma pilosité. Je m’en tape si je prends du poids. De toute façon, je ne me dépense plus, donc c’est la suite logique. Je ne m’habille plus. On dirait que je n’ai jamais été cette bombasse qui se crevait à la tâche, qui voulait frôler la perfection tout en restant toujours bien maquillée et bien tirée à quatre épingles. Comme si ce n’était qu’une promenade de santé, et que même si j’en chiais du sang (façon de parler hein, zen), je devais demeurer impeccable.

J’ai réfléchi.

J’ai appris.

Plein de choses sont devenues une évidence, pendant cette trêve. J’ai appris autant de choses de moi-même, que des autres grâce à leurs posts militants et féministes.

Ces habitudes d’être constamment maquillée et sapée, je les ai eues de ma mère, toujours soucieuse du regard des autres et de son apparence. Et également de mes expériences professionnelles, que ce soit dans l’évènementiel en tant qu’hôtesse, ou bien en tant que coiffeuse. Il fallait que je sois une vitrine, incarner toujours la perfection. J’avais intégré ces notions au point ou sortir au naturel m’était insupportable.

J’ai arrêté le maquillage, pour n’en remettre que de temps en temps, par réel plaisir. Les soutien-gorges? Poubelle, je n’ai jamais supporté ça. Les talons? Mais je suis tellement bien dans mes Docs et mes Van’s!

J’ai l’impression d’être devenue une personne normale, libérée de ses insécurités. J’ai appris à en avoir rien à foutre du regard des autres, pour la simple et bonne raison que même si j’ai été un cliché de superficialité, je ne jugeais pas les autres si ils avaient une façon d’être différente de la mienne. Du coup, mes poils sont libres. Il peut m’arriver de les raser, mais uniquement si j’en ai envie sur le moment, jamais parce que je pense que l’on risque de me juger. Tu sais quoi? Hier, je suis allée faire des courses et chercher mes médicaments à la pharmacie. Avec ma robe préférée, mais mes jambes aussi poilues que celles de mon mari. Et sans soutien-gorge. Tout en ayant ma canne à fleurs avec moi, parce que j’étais en crise.

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Je n’ai pas l’impression d’avoir été mal regardée. Et je me suis sentie tellement libre.

Je suis presque triste quand je pense à la moi d’il y a quelques temps, esclave de son apparence et du jugement des autres. Parce que je crois que je n’ai jamais été autant en phase avec moi même.

Je m’en fous, et je fais ce que je veux.

Avoir des poils sur les jambes et moins de maquillage ne me rend pas moins compétente, moins intelligente, moins fréquentable.

Et là où je me dis que j’ai vraiment de la chance, c’est que mon mari est carrément de mon côté. Oui, il est tombé amoureux à l’époque d’une pseudo business woman qui était sur tous les fronts, toujours maquillée comme un mannequin, toujours sapée. Mais il est toujours amoureux de la moi simple, qui se maquille pour se faire plaisir et pas pour les autres.

Les remarques

Autant cette trève m’a aidé à y voir clair et à me retrouver, autant elle ne laisse pas la même impression à certaines personnes de mon entourage. Là où je me sens redevenir moi-même et où je me libère des injonctions que je subissais, on ne me comprend pas et on croit que je me laisse aller.

— T’as grossi,
— T’es pas maquillée et pas épilée, c’est quoi ce laisser-aller!
— Mais comment tu vas faire pour reprendre le travail comme avant? Tu n’y arriveras jamais!

Ce n’est pas parce que j’ai décidé de m’écouter et de laisser de côté des insécurités que je me laisse aller. Je ne me laisse pas aller, je vis. Je choisis, j’apprécie, et je décide. Et je me sens bien mieux comme ça.

Je ne reprendrai jamais le travail au rythme effréné comme avant. Plus jamais je ne m’imposerai cette torture. Oui je reprendrai mon métier qui est intense, stressant, qui demande beaucoup d’investissement personnel. Mais ça sera avec plus de simplicité et moins de prises de tête. Je ne veux plus me lever à 6h pour embaucher à 9, parce que je dois passer une heure à me farder pour me créer un nouveau visage. Je veux de la simplicité. Vivre, tout court, au lieu de perdre du temps à me transformer en ce que les autres voudraient peut-être voir.

Disclaimer:
Je ne dis en aucun cas que se maquiller est mal, même si c’est en quantité. Je parle juste de mes choix de vie. Évidemment que parfois, je ressors le grand jeu contouring highlight et ombré lips. Mais je ne veux juste plus que ce soit ma norme de tous les jours, parce que finalement je me sens mieux au naturel. C’est tout. Chaque personne fait ce qu’elle veut. L’essentiel est de se trouver et de se sentir soi-même. J’ai eu l’impression que me faire sans arrêt belle pour les autres était plus une torture qu’autre chose, j’ai voulu revenir au naturel, tout simplement. Me sentir vivre et être naturelle, ce n’est pas se laisser aller. Putain. Toute cette diarrhée verbale synthétisée en trois lignes. Je n’en peux plus de moi.

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