Infertilité.

Temps de lecture : 2 minutes J’ai juste envie de vider mon sac. Parce que c’est pesant, de faire partie des 15%.

10 à 15% des couples (cis et hétéro) rencontrent des problèmes de fertilité. Cela veut dire que pendant un an de rapports non protégés et d’essais, pas de grossesse. Dans un tiers des cas, l’infertilité est féminine. Dans un autre tiers, elle est masculine.

Je trouve que l’on ne parle pas assez d’infertilité. Surtout féminine. J’ai toujours l’impression que tout le monde arrive à tomber enceinte autour de moi. Même quand ce n’est pas envisagé.

Et nous, on rame. Depuis plus d’un an. Le diagnostic se précise. Les complications éventuelles aussi. J’ai du avaler une bonne tonne de Fertifol. Je prends ma température tous les jours. Je fais les tests d’ovulation une semaine par mois.

Le tout sans me prendre la tête. Ça viendra quand ça viendra. Pendant le premier cycle, je me suis pris le chou, je me suis mise la pression. Et en fait, ça ne sert à rien. Donc au pire, je suis plus à un cycle près. Je ne me prends pas la tête, je ne me stresse pas. J’analyse, je teste, afin d’avoir le plus d’infos possibles pour le diagnostic.

Je ne veux pas de messages compatissants. De messages emplis de pitié ou de soutien, de courage. Je ne veux pas de « vous allez y arriver », « tout va bien se passer ». Parce que les médecins eux mêmes ne savent pas. Je n’aime pas ce genre de paroles, que je me prends en pleine gueule depuis plus d’un an. Je sais que ça part d’un bon sentiment. Qu’on ne sait pas quoi dire, donc on dit ça. Je comprends que l’on puisse souhaiter tellement que ça se passe bien, qu’on puisse vouloir l’affirmer pour motiver. Mais j’arrive a un point où je fais une indigestion totale de ce genre de phrases. A notre stade, c’est pas de motivation ou de soutien dont on a besoin. C’est d’un traitement et de moyens concrets pour avoir les deux traits sur la bandelette pipi.

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Ne demandez pas aux couples si ils ont des projets bébé. Ou alors où ils en sont. Parce que l’infertilité, elle est présente. Et on ne le crie pas sur les toits.

Nos familles ne sont même pas au courant. On n’en parle pas parce que c’est compliqué. Et qu’on sait qu’elle seront les réactions par rapport à d’autres paramètres. On se protège comme on peut. Et on tient malgré les questions qui se veulent innocentes et qui sont plus assassines qu’autre chose.

A la base, ce texte devait être un post instagram, mais il est beaucoup trop long. Parfois, j’ai envie d’écrire des articles à chaud, comme ça. Sans travailler de structure. Juste pour vider mon sac. Pour peut-être trouver quelqu’un qui connaît une situation similaire. Et parce que je n’arrive pas à en parler de vive voix. Et que j’ai du mal à en parler tout court, même par écrit à quelqu’un directement.

Peut-être que je parlerai davantage du sujet, des traitements etc. Si j’y arrive. Je me dis que ça peut aider d’autres personnes dans le même cas. Mais en même temps, il y a des fois ou j’ai envie de penser qu’à ma gueule. Et de pour une fois, penser à moi avant de penser aux autres. On verra bien.

6 thoughts on “Infertilité.

  1. Faisant partie des 15% aussi je comprends ton envie de vider ton sac, notre premier bilan infertilité a abouti sur un refus de traitement de la part de la clinique….nous serions au dela de tout espoir, le don serait notre seule chance…évidemment nous n’acceptons pas ce diagnostic et allons chercher un deuxième avis maid pas évident de gerer ca avec le boulot les rdv qui s’enchaînent…..

    1. Je ne comprends même pas comment on peut vous refuser un traitement !! On vous a expliqué pourquoi au moins ?
      Les délais pour avoir d’autres avis doivent être interminables… Je croise les doigts pour vous <3

      1. eh bien pour la clinique auprès de qui nous avons fait nos examens pour le bilan d’infertilité les résultats de Mr nécessitent un FIV, mais pour eux mes résultats montrent qu’une stimulation pour une fiv est impossible, d’après ces résultats ils me disent que mon corps ne réagira pas au traitement…. après de longues heures sur les forum dédiés on s’est bien rendu compte que des femmes avec des résultat moins bon ont réussi a obtenir une grossesse par fiv, notre médecin traitant nous encourage a prendre un second avis, plutôt dans le public ou les logiques comptables influent moins les prises de décisions de traitement, pou ce qui est des délais de rdv nous sommes assez bien lotis dans notre région, on prévois de prendre rdv pour février après le prochains spermo de Mr

        1. Je comprends maintenant pourquoi il y a un classement des cliniques FIV… on dirait qu’ils ne sont pas tous compétents pareil! Tu as raison de vouloir un second avis. J’ai une amie qui a du aller jusqu’à Avignon pour avoir ses FIV, il parait qu’ils sont vraiment bons dans le domaine. Bien plus que Toulouse, là où elle comptait aller à la base.
          On a pris le rendez-vous pour l’analyse pour Chéri, je suis super surprise des délais! Pour mon bilan, j’ai eu genre une semaine d’attente. Pour un spermogramme, on a plus de deux mois d’attente.

          1. les classements des cliniques sont plus basés sur leurs résultats (taux de grossesse après traitement PMA) que pour leur humanité mais oui clairement d’un centre a l’autre la prise en charge peut varier, nous somme sur la région nantaise , les délais pour le spermo au chu c’est environ 2 semaine je crois (en tout cas la dernière fois c’est ce qu’on a eu) et la on viens de regarder les rdv au chu pour un premier rdv en pma et c’est a moins d’un mois si tu es un peu disponible, grosse chance pour nous le chu de Nantes est un cecos depuis 3 ans donc si on doit en venir au don d’ovocytes comme dit par la première clinique on a un centre tout proche et avec des délais relativement raisonnable
            bonne chance pour les rdv a venir, ca parait tellement long pour avoir ne serais ce qu’un diagnostique pour le couple

          2. Vous avez l’air d’avoir des délais pas trop longs à Nantes, c’est plutôt cool! J’espère que le deuxième avis sera le bon, ça doit être difficile quand ça dure aussi longtemps.
            Là où on est, niveau médecins c’est pas ouf. On a des délais de dingue rien que pour l’ophtalmo ou les kinés, et plus d’un an pour les centres antidouleur. Beaucoup de monde mais pas assez de personnel soignant. Du coup, c’est long… et ça influe sur le moral quoi.

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