Femme indigne?

Temps de lecture : 3 minutes Article sans grand intérêt, c’est du blabla spontané sur « aimer prendre du temps pour soi » et « être une femme ingrate ». Mood bizarre.

Je pense qu’on peut dire qu’avec chéri, on est fusionnels. On est tout le temps ensemble, on se connaît par coeur, si l’un est mal, l’autre l’est aussi. Il y a quelque chose de spécial que je n’ai jamais connu avec quelqu’un d’autre, comme si nous étions connectés ensemble. C’est inexplicable. Et pourtant, je suis aujourd’hui partagée par un sentiment étrange.

Dépendante de l’autre?

J’ai toujours pensé que je n’aimais pas la solitude, et avec le recul, je pense que ma première expérience de couple, malsaine, a été responsable de ce sentiment. Je n’ai jamais vécu seule, indépendante et heureuse, donc j’ai pensé que vivre à deux était nécessaire pour moi.

J’ai pu partir de chez cet ex, et avoir mon propre appartement. Je l’aimais beaucoup même si il était clairement naze, cet appart’. C’était mon premier chez moi à moi. Et en même temps, j’étais terrorisée à l’idée d’être seule. Et en même temps, j’étais euphorique à l’idée de connaître l’indépendance. Oui, j’étais déjà avec chéri depuis quelques semaines, mais ce n’est pas pareil que de vivre avec quelqu’un au quotidien.

Quelques temps après, on a aménagé ensemble. C’était génial de pouvoir vivre vraiment ensemble, vu qu’on ne se quittait vraiment plus du tout. Je vivais autant chez lui que chez moi et vice versa. Finalement, je n’ai pas eu le temps d’apprendre à vivre seule avec moi-même et d’angoisser à ce sujet, et c’est plutôt cool.

Santé de marde = dépendance affective?

Il y a un an et demi, j’ai eu un gros souci de santé qui m’a contrainte à me mettre en arrêt maladie… et je suis encore en plein dedans. Avant que commence tout ce bordel de virus et de télétravail, j’étais très seule. Je voyais bien sur chéri le soir quand il rentrait du travail, mais je me sentais seule quand même. La journée quand il travaillait, j’étais seule avec ces douleurs indomptables, et le soir il rentrait épuisé de sa journée et avait besoin de se poser, d’avoir ses moments à lui et de déconnecter. Encore de la solitude en plus. (Attention, je ne lui reproche pas du tout d’avoir besoin de temps pour lui, du temps pour soi est nécessaire à n’importe qui!). Et clairement, entre la douleur, la routine, la morphine et la solitude, mon cerveau a commencé à vriller. Je suis devenue petit à petit agressive, encore plus angoissée… un régal.

(Le fils de chacal qui m’a balancé dans la gueule que « j’utilise la morphine pour justifier un comportement horrible », je te chie à la gueule, je t’arrache la tête et je pisse dedans. Vis ce que je vis et tu ramèneras moins ta fraise.)

2020 et son COVID a changé la donne. De trop de solitude, je suis passée à plus du tout de solitude. Les premiers mois, j’étais la plus heureuse. Je n’étais plus seule. Évidemment, vu qu’il travaillait à la maison, je le laissais travailler tranquille pour le retrouver le soir. Mais je n’étais plus seule. Il était là. Même si j’étais dans la chambre et lui dans le salon pour ses Zoom avec ses collègues, sa présence me faisait du bien. J’étais plus détendue. Et les mois sont passés. Et lui comme moi, nous n’avions plus du tout de solitude. Plus du tout de salle de sport pour lui. Plus aucun moment de juste seule pour moi. C’est devenu compliqué. Même si on aime très fort une personne, on a forcément besoin de moments à soi de temps en temps, et c’était quelque chose que nous ne pouvions plus avoir. C’était tendu. Comme beaucoup de couples dans la m’émerges situation qui vivent dans un petit appartement sans pouvoir sortir.

Avant les confinements, j’étais beaucoup trop seule. Pendant les confinements, je n’étais plus du tout seule, et lui non plus. On dirait pas comme ça, mais ça change beaucoup de choses.

Rencard avec moi-même

Bref. Tout ce baratin pour dire que chéri est parti dans sa famille à l’autre bout du pays et que j’ai trois jours rien que pour moi, et que ça fait du bien. Oui, chéri me manque, il me tarde de le revoir et je dors très mal quand il n’est pas là. Quand il reviendra, je serai super contente de le retrouver. Oui, on s’écrit beaucoup. Aucun problème entre nous, zen. Donc bains, musique à fond, Netflix à n’importe quelle heure sans avoir à faire attention à ne pas déranger qui que ce soit, musique à n’importe quelle heure, je choisis quoi manger et à quelle heure, balek. Moi. Juste moi. Et putain des fois ça fait du bien.

Je suis sure que c’est le cas pour lui aussi, quand il peut avoir du temps tout seul rien que pour lui, et je pense que c’est un sentiment tout à fait normal, d’avoir besoin de se retrouver seul•e avec soi-même.

Mais en même temps, j’ai l’impression d’être complètement ingrate. Je suis toujours le cul entre deux chaises. Gros kif de pouvoir avoir quelques jours juste pour moi même si chéri me manque, contre la meuf indigne qui est « enfin » seule, sous entendant que son mec est relou. Alors que pourtant je SAIS que chéri est génial. Que je l’aime énormément. Qu’il me manque beaucoup. Que chéri est tout sauf chiant. Bref t’as compris, c’est un sucre. Je sais qu’avoir besoin de quelques heures pour soi est légitime, et en même temps j’ai un mood super désagréable qui me fait presque regretter de kiffer mes quelques moments seule.

Si tu te reconnais dans ce sentiment bizarre, je serais ravie d’en discuter avec toi en commentaires. Toi aussi tu as déjà eu ce sentiment de te sentir « ingrat•e »? Ou encore de kiffer d’avoir des moments seul•e rien qu’à toi?


Source image en une: Photo de Jasmine Carter provenant de Pexels

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