La solitude sentimentale et sexuelle

Introspection sur la solitude sentimentale et sexuelle, par notre ami invité, M. .

Je ne sais pas d’où vient le problème. Soit de moi, soit des autres, mais je pense en être grandement responsable. Ça fait des années que je suis seul, tant sentimentalement que sexuellement. On appelle ça “célibataire” pour faire plus acceptable socialement. Mais l’être humain, en dehors des bisous, des petits câlins, il a envie de contacts plus physiques.

Personnellement, étant étudiant, partagé entre cours théoriques et stages pratiques, je suis soit ravagé par la fatigue, les horaires décalés, les révisions et le reste des tâches incombant à chacun pour vivre (le travail étudiant, voir plus, le ménage, les courses, le sport…) il est très difficile de rencontrer et voir quelqu’un. Dans ma promotion il y a beaucoup de jeunes femmes, mais plus jeunes de près de douze ans que moi. Même si de quelques unes je me suis entiché, il ne peut rien y avoir, soit car elles sont en couple, soit parce que la différence d’âge ou les loisirs ne sont pas les mêmes.

Reste les coups de foudre dans les espaces publics. Malheureusement c’est rare. On s’intéresse plus à moi parce que je lis un bouquin de cardiologie dans le tram et qu’une personne veut avoir des renseignements sur une pathologie, que pour réellement engager la conversation. J’ai eu quelques fois des conversations avec des patientes, mais on ne peut sortir avec elles. Pas parce que l’on sait ce qu’elles ont, mais parce que c’est juste interdit par le règlement. Pourtant on pratique parfois sur elle aussi des examens invasifs, qui sont vraiment pas enclins à démarrer quoi que ce soit si on se retrouvait à l’extérieur.

Les apps et autres ? Non, rien du tout bizarrement. Que ce soit quand je suis recalé à l’entrée des sites les plus exigeants où “la communauté choisit ou non d’accepter un membre” – en gros t’es moche – soit des applis où aucun match ne viendra égayer mes espoirs les plus fous.

Je fais partie de ces personnes qui ont toujours beaucoup d’imagination, de persuasion, d’espoir. Mais la vie m’a vite dit stop. Je n’attire que des personnes soit beaucoup trop jeunes, comme des lycéennes qui sont absorbées par le fait que je les aide à faire leur devoir de biologie, et qui n’hésitent clairement pas à proposer d’autres moyens de paiement que le chèque de leurs parents pour me rémunérer – ce que j’interdis bien évidemment, ou alors trop âgées pour moi. Comme ces mamans célibataires de 40 ans, qui jonglent entre leurs enfants parfois jeunes et leur mari parti bien vite devant leurs absences et leur planning de 60 à 80 heures par semaine. Elles aussi me proposent, en voyant la vie de leur enfant organisée et réglée, la maison qui brille et le dîner dans le four, de “rester” ou de “se faire un resto” un jour. L’une d’entre elles a presque tenté de m’inciter à lui faire de sales choses sur la table de la cuisine, parce que je lui renvoyais probablement de très bonnes choses. Mais pas ce soir pour moi.

Alors je reste seul, persuadé que “Junior” ne fera pas avant longtemps de l’exercice physique que quand j’étais en couple. Trois voir quatre fois par jour. Dans toutes les situations et positions possibles. C’était un autre temps.

Je suis parfois tenté, par émotion ou autre, d’aller sur des sites proposant des vidéos d’adultes faisant des roulades d’amour. Ne vous voilez pas la face, on y va tous. Je n’y vais pas souvent, parce que je crains que cela ne devienne une routine. Mais quand j’y vais j’aime bien télécharger deux trois vidéos qui me plaisent pour les mettre dans un dossier de mon ordinateur. Des sortes de pépites, que je regarde car je sais que je les aime tellement que je vais pouvoir expédier mon “péché” vite fait. Mais parfois, comme j’ai besoin de trois fois ou plus, je dois en prendre plus.

J’aime beaucoup certaines catégories, j’aime le vrai, le naturel, les femmes heureuses, le sexe avec ses bruits, ses corps souvent “imparfaits”, mais la jouissance quasi primale, celle qui peut couler des orifices sans être camouflée, celle avec des baisers conquérants et des orgasmes non hurlés et non simulés.

Quand je suis excité par quelque chose, j’ai la particularité d’être à fleur de peau, parfois de trembler, je “mouille” beaucoup et j’ai de puissantes érections. A tel point que ça peut être douloureux, et honteux si je dois me cacher. Quand j’éjacule, j’ai tendance à sur-remplir le réservoir d’un préservatif, ou à jouir très intensément. Ce que je trouve quelque peu nul, car je trouve cela gâché.

Ce qui est amusant c’est que j’ai posté des photos de mon corps sur des comptes anonymes de Twitter, et j’ai eu de bons échos. Mon fessier est toujours plébiscité, et mon sexe est “appétissant” selon une twitta qui sur mon vrai compte, ne m’a heureusement pas reconnu et continue de me parler comme depuis de nombreuses années. Pas de soucis de ce côté là non, mon ex était très attachée à ces points de mon physique, créant même chez elle une certaine dépendance car j’étais le seul à l’avoir fait jouir en huit partenaires dans sa vie sexuelle. Et comme je pouvais tenir une demie heure pour lui permettre de jouir à chaque fois, elle était très heureuse.

Alors c’est quoi le problème ? Le problème c’est cette solitude qui ronge, chaque jour, chaque heure. Ce fait de tomber amoureux à tous les coins de rues, à voir les jambes musclées de mes collègues en tenues légères et de me dire “ça me manque de ne pas en avoir dans un couple, à les recouvrir de baisers”. De voir une jeune femme magnifique embrasser son compagnon et me dire que ça me manque aussi, le petits bisous se transformant en grandes embrassades baveuses, puis le porté contre le mur, et ce qui s’en suit parfois.

Ou alors ce frisson qui parcourt les chairs quand de ses cuisses elle recouvrait ma bouche, pour que je puisse délivrer des spasmes de plaisirs en un cunnilingus que j’appréciais autant qu’elle. De ces étreintes, de ses morsures, griffures, de ses bruits, de ses soupirs et de ses sourires. De ces moments où on regarde le réveil ou autre horloge avec un éclat de rire en se disant qu’on était emboîtés tout l’après midi ou presque.

Ou juste tenir quelqu’un contre moi, en l’embrassant sur le front, en sentant son odeur.

Tout cela, sur quoi je pourrais écrire des tartines, j’appelle cela la solitude. Pas la solitude qu’on peut toutes et tous ressentir en étant exposés à l’individualisme, à une société où tout va très vite…mais une solitude où même si je n’ai besoin de personne pour vivre, j’ai tout de même envie d’une personne dans ma vie, aussi fort mentalement que je puisse être.

Un jour peut être cette situation changera, peut être apportera t’elle alors d’autres problèmes avec elle, comme la peur de l’ennui, de l’adultère ou de la rupture, mais je n’en suis pas encore là.
Toujours est-il que quand j’ai fini ma petite affaire, seul avec ma solitude, je me sens parfois aussi con que quand je vois une femme qui me plaît et que je ne peux approcher, ou qui est en couple. De ces collègues qui sont à tomber mais trop jeunes, ou de ces personnes éminemment cultivées mais bien trop âgées pour moi. On en retire un sentiment amer, surtout dans une résidence où toutes mes jeunes voisines baisent à tour de bras, bruyamment. On se sent un peu isolé, non pas castré, mais on se dit pourquoi pas moi ?

Pourquoi ?


Image : Pixabay

2 réflexions sur “La solitude sentimentale et sexuelle

  1. Oooh… je suis très touchée par ce texte… ma situation n’est pas tout à fait la même mais je me retrouve dans certaines phrases… j’espère que la situation va changer pour toi… 💛😔

    Aimé par 1 personne

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.