Madame et le Porno

Coucou toi.

Aujourd’hui, j’ai décidé de te faire un article un peu spécial (ou pas). J’ai aujourd’hui envie de te parler de mon rapport à la pornographie. Je pense que c’est un sujet que je risque d’avoir un peu de mal à aborder, parce que je n’en ai jamais beaucoup parlé avec Monsieur. Pas par pudeur, mais surtout parce que je n’y ai jamais vraiment pensé, et que j’ai un rapport assez spécial au sexe en général je crois.

Première rencontre avec le porno.

Le premier gars que j’ai fréquenté, j’étais très jeune, et j’avais déjà une sexualité que je croyais active avant mon âge adulte. (les raisons du « que je croyais active » sortiront dans un prochain article, un jour).

À cette époque là, mon corps n’était même pas encore formé, je commençais tout juste les câlins avec quelqu’un d’aussi inexpérimenté que moi, et je n’avais jamais vu d’images assez salaces comme dans la plupart des pornos. J’étais un bisounours qui aimait juste se faire prendre n’importe comment, mais en même temps un peu princesse qui n’aimait pas les trucs trop kinky.

Un jour, en allant me coucher plus tôt que cet abruti parce que j’étais crevée et qu’il avait invité un pote à lui que je n’avais jamais pu me blairer, je me suis posée au lit tranquillement et je lui ai emprunté son iPod Touch pour aller sur Facebook avant de m’endormir. Et je suis tombée nez à nez avec les premières images porno trash que j’ai vues de toute ma vie.

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Les Sensations.

Mes réactions ont été très … mélangées. Je ne savais pas comment réagir. J’ai quand même continué à regarder ce qui avait tant pu fasciner ce mec, et c’était pas excitant du tout, c’était très écoeurant. Des mamies de 70 ans en gang-bang avec de jeunes hommes, des cougars dégueulasses, des hentai avec des nanas attachées et des tentacules leur rentrant dans tous les orifices, des orgies assez dégueulasses… Je me souviens que j’ai été choquée au premier abord. Et également écoeurée de ce que j’avais vue. Je suis passée par tout un tas de questionnements:

  • Est-ce que je ne lui suffis plus, pour qu’il en arrive à se branler sur de vieilles chattes dégueulasses?
  • Est-ce que, avec mon corps à peine formé, presque enfantin, je ne devais pas être pour lui un de ces délires kink bizarres?
  • Est-ce qu’il ne faut pas être carrément psychopathe pour réussir à être excité par ces images?
  • Est-ce qu’il voudrait que je me mette à faire des trucs comme ça?

Avec le recul, je pense que mes réactions ont été celles d’une gamine, pas forcément mature, pas forcément tolérante à tous les types de sexualités et à tous les fantasmes. Mon avis a bien changé depuis, mais j’y viendrai plus tard.

Toujours était-il que j’avais été profondément choquée, un peu comme si j’avais vu un film gore pour lequel je n’aurais pas été prête. Ou comme si j’avais vu un chat se faire écraser sur la route. Je m’en souviens comme si c’était hier, alors que ça date d’il y a facilement dix ans.

Le lendemain matin, il a eu droit à une crise de nerfs de folle, d’hystérique, d’une jeune fille complètement paniquée par tous ces questionnements. Je ne me souviens plus trop de sa réaction, ça date trop. Je me souviens qu’il m’avait promis de ne plus recommencer. J’ai mis du temps à accepter de coucher avec lui de nouveau, le temps de digérer tout ça.

On ne change pas les gens!

Et finalement, il a toujours recommencé, et à chaque fois j’étais toujours plus choquée que la fois précédente. Je me sentais trahie, sale « d’aimer » une personne aussi perverse et malsaine. Je me sentais comme trompée. Des mensonges de partout pour ne pas assumer qu’il regardait ce genre de choses. Oui, c’était en plus un canard qui n’assumait pas. La relation s’est terminée pour d’autres raisons, mais elle s’est terminée.

Quelques temps plus tard…

Vu que j’avais été très choquée par les images que j’avais vues, je n’ai jamais voulu en revoir, jusqu’à une fois ou j’étais seule, quelques années plus tard. Je me tripotais, et je n’arrivais pas à l’orgasme. J’ai donc décidé de chercher une petite vidéo, pas trash, quelque chose de « doux« , plus « woman-friendly » pour réussir à me décoincer. Et à ma plus grande surprise, j’ai réussi.

C’était spécial. Très intense, et en même temps, très gênant. Je me sentais voyeuse, sale, malsaine. Et bizarrement, j’étais en train de bien kiffer pendant mon tripotage, et directement après l’orgasme j’ai été dégoutée de ce que je voyais. Je pense que ces « chocs » quelques années plus tôt ont du me laisser quelques séquelles.

MàJ 11 Avril 2018 –  Raison de plus pour faire toujours plus attention à la fréquentation qu’ont vos gosses d’internet en général: si moi à même pas 18 ans j’ai été choquée par du porno, dites vous que des gamins de 12-13 ans vont sur des sites de cul et peuvent être choqués, choquer d’autres adolescents plus vulnérables, et se faire une idée de la sexualité complètement erronée. J’en parlerai dans un prochain article, à propos d’une lecture en cours.

Chose intrigante: jamais cette sorte de dégoût pour le porno ne m’a impacté lorsque j’étais camgirl. Je n’ai jamais vraiment compris pourquoi.

Aujourd’hui.

Au jour d’aujourd’hui, que j’ai une relation très saine et que Monsieur est très compréhensif sur tout ce qui touche à la sexualité, mon avis a changé. Je pense que j’ai du mûrir.

Je ne pense pas que je serais choquée si Monsieur en regardait seul, parce que je pense que je saurais différencier un plaisir solitaire, un jardin secret, de la relation de couple. Si on en venait à en regarder tous les deux, je pense que l’expérience ne me dérangerait pas: cela permettrait de s’allumer d’une différente façon, d’essayer de nouvelles choses, ou de se moquer de ce que l’on voit tellement c’est pas crédible.

Evidemment, je pense qu’abuser de ce genre d’images n’est pas bon: comme pour une utilisation trop intensive de certaines drogues par exemple, on peut devenir complètement insensible à ce que l’on voit, et demander à voir toujours plus trash, au risque de ne même plus pouvoir être excité par les choses simples, comme une petite paire de fesses dans une petite culotte, ou un ensemble sexy.

Je ne regarde pas de porno. Ce n’est pas quelque chose qui m’allume. J’ai récemment réessayé en parcourant mon fil Twitter, car je follow quelques comptes plutôt coquins. C’est vrai que certaines images vont m’émoustiller, mais je ne pourrais pas jouir en me tripotant devant des images. Je ne pense pas être très visuelle pour tout ce qui est stimulation.

Je rejoins ce que disait Monsieur à propos de l’utilisation des sextoys seul(e) alors qu’on est en couple:

« Es-tu réellement égoïste au point de préférer priver ta/ton partenaire des plaisirs que peut lui procurer tel ou tel jouet/film?

Te mens-tu à toi-même au point de croire que si tu avais l’occasion de prendre du plaisir seul tu ne le feras pas ? »

Et toi, où en es-tu avec ton rapport aux images porno?

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Une réflexion sur “Madame et le Porno

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